Entraînement mental, - Dominique Hischier

Période de confinement : Travailler différemment avec l’imagerie mentale

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La situation difficile actuelle peut également être vue comme une chance de travailler ses forces et ses points à améliorer sous d’autres formes.

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Comment progresser au Judo lorsqu’il n’est justement pas possible d’en faire avec un partenaire ? C’est une question que de très nombreux Judokas se posent actuellement. Nous allons essayer de vous donner quelques pistes pour y répondre.

La Visualisation mentale couplée à des monologues intérieurs peut permettre d’améliorer différentes composantes essentielles à la pratique du Judo de haut niveau telles que :

  • la maîtrise technique d’un mouvement aussi bien en Tachi Waza qu’en Ne Waza
  •  son système de Kumi Kata contre n’importe quel type de combattant ou encore sa détermination
  •  ses réactions et réflexes lors d’un combat.

L’imagerie mentale est utilisée par de nombreux sportifs de haut niveau pour améliorer leur performance, leur capacité de concentration mais également pour diminuer leur stress avant et pendant la compétition.


Un exemple de méthode d’un apprentissage technique

Afin de produire des images mentales de qualité, il faut s’isoler dans une pièce calme, adopter une position corporelle reposante et respirer profondément en commençant par inspirer par le ventre puis le thorax et enfin les épaules avant d’expirer doucement et totalement de manière à faire diminuer son tonus musculaire et arriver à un lâcher prise mental.
Une fois que ces conditions sont réunies, on peut commencer le travail de visualisation qui peut être réalisé soit d’une perspective interne (je fais moi-même la technique) ou d’une perspective externe (je me vois faire la technique).

Pour améliorer une technique (on parle ici aussi bien de Tachi waza que de ne Waza), l’idée est, en se donnant ses propres consignes, de décortiquer au ralenti chaque détail de la technique (par exemple Uchi mata, Juji gatame...) en partant de la position des pieds jusqu’à celle des mains. Il faut réussir à visualiser clairement le mouvement au ralenti et dans ses moindres détails avant de petit à petit augmenter la vitesse de réalisation.
Il s’agit là d’un effort de concentration important pour garder une image claire de la technique à visualiser.

Une fois que la technique est bien maîtrisée en statique, on peut, tout comme dans la réalité, passer à des images qui mettent en scène du déplacement et intégrer ainsi la notion de timing dans l’attaque.
Plus la maîtrise devient importante, plus on peut complexifier le travail en rajoutant les sensations que nous procurent la technique elle-même comme par exemple le ressenti de la prise du Judogi ou alors le sentiment d’effectuer une traction de la manche ou une ouverture côté revers.

Cet apprentissage technique par imagerie mentale est parfaitement adapté à ces temps de confinement mais est aussi un « must » pour un athlète blessé qui souhaite continuer à s’améliorer tout en travaillant sa concentration.

La séance dure une petite quinzaine de minutes et devrait être répétée trois fois par semaine.

Pour aller plus loin : mobilesport.ch

Bon plaisir à tous.

 – Dominique Hischier, Chef du Sport de Performance