Compétition Judo international, - Emmanuel Charlot, Olivier Remy / L'Esprit du Judo

Grand Chelem de Tokyo

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Tokyo, 1re journée : Le Japon écrase tout ! Chammartin 7e... 

Deux victoires pour Grossklaus

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La première journée du Grand Chelem de Tokyo – le rendez-vous tokyoïte est sûrement le plus côté de la planète – a eu une nouvelle fois marqué la supériorité actuelle de la délégation japonaise sur ses rivales française, brésilienne, russe et même coréenne. Cinq titres pour autant de catégories engagées ce vendredi, on ne peut pas faire mieux, d’autant que le Japon place en tout huit combattants en finale et trois autres sur la troisième marche du podium. Tous les titres, onze médailles déjà, pour neuf seulement laissées au reste du monde… Les enjeux du Japon étaient de se régler par rapport à l’opposition internationale, ce qui est fait et bien fait avec les victoires notamment de Naohisa Takato (-60 kg) sur le Coréen médaillé mondial Kim Won-Jin et sur le Russe Beslan Mudranov, finaliste mondial en 2014 - en battant Takato au passage à l’époque – ou du jeune Sho Tateyama (-66 kg) sur le champion du monde coréen An Baul. Il s’agissait aussi de commencer à déterminer qui a les meilleures chances d’aller à Rio dans le contexte hyper concurrentiel du Japon. Chez les féminines, c’est la jeune championne du monde 2014 Ami Kondo (-48 kg) qui marque des points, Misato Nakamura (-52 kg) qui règle une nouvelle fois la catégorie (quatre Japonaises en demi-finale !), mais aussi Tsukasa Yoshida (-57 kg), avec un uchi-mata magnifique en finale contre la Française Hélène Receveaux. Du nouveau dans cette catégorie où la championne olympique et mondiale Kaori Matsumoto est battue au premier tour sur une clé à la volée de la Brésilienne Silva, et où la Française médaillée mondiale et olympique Automne Pavia est en difficulté depuis quelques mois. Excellent, le -60 kg Takato renforcera très probablement l’équipe japonaise aux Jeux de Rio. Ce qui n’est sans doute pas une bonne nouvelle pour les autres nations… Le triple champion du monde Masashi Ebinuma (-66 kg) a en revanche été une nouvelle fois battu en finale par le kata-guruma enroulé de Tomofumi Takajo. Il sera dos au mur aux championnats du Japon en avril.

Chammartin 7e

Dans ce contexte très relevé, la délégation suisse – Ludovic Chammartin (-60 kg) et Evelyne Tschopp (-52 kg) en lice ce vendredi, en attendant Cyril Grossklaus (-90 kg) dimanche – n’a pas démérité, affichant une belle maîtrise technique par ses deux représentants du jour. Opposée à l’Allemande Maria Ertl au premier tour, Evelyne Tschopp (-52 kg) se faisait marquer un waza-ari, mais trouvait ensuite l’ouverture pour un splendide o-soto-otoshi enchaîné au sol. En revanche, l’impact de la Française Priscilla Gneto, engagée dans une lutte terrible pour le ticket olympique contre sa rivale Annabelle Euranie, allait trouver la faille d’entrée dans la posture haute et mobile de la guerrière de Cortaillod. Un changement de direction habile pour un sode-tsuri-komi-goshi à genoux spectaculaire enchaîné au sol et s’en était fini du parcours de la finaliste de Paris. De plus en plus sûr de sa belle technique, Ludovic Chammartin (-60 kg) faisait un parcours réussi, avec une septième place à la clé, mais qui aurait mérité un meilleur sort. Une disqualification logique (pour fauchage interdit dans le mauvais axe de la jambe d’appui) le débarrassait du mobile et agressif Saoudien Eisa Majrashi qui menait de deux shido pour avoir obligé par ses poussées Chammartin à sortir de la surface. L’exploit était pour le tour suivant face au combattant du Kazakhstan Rustam Ibrayev, finaliste du dernier championnat du monde et huitième mondial ! D’abord mené d’un waza-ari sur un sumi-gaeshi énergique, le combattant fribourgeois allait ensuite user de tout son art des contres et des rotations pour déstabiliser totalement son adversaire et lui marquer waza-ari à son tour sur un contre de mouvement de hanche, puis yuko sur o-soto-gari et enfin un nouveau waza-ari sur un sasae-tsuri-komi-ashi ! Confronté ensuite à deux adversaires japonais, Ludovic Chammartin allait une nouvelle fois montrer que sur le plan technique il ne craint personne. Toru Shishime, médaillé mondial, allait mener tout le combat d’une pénalité trop rapidement donné avant d’être sanctionné à son tour pour une fausse attaque. Mais dès la reprise suivante, il poussait Ludovic Chammartin à l’extérieur et se voyait gratifier d’une shido suffisant. En repêchages, Aoki Dai était plaqué au sol sur un sasae-tsuri-komi-ashi magistral, seulement comptabilisé yuko, mais, dans la séquence suivante, trouvait l’ouverture pour un renversement au sol avec la jambe en pression sur le bras plié (ude-gatame) qui surprenait Ludovic Chammartin et le laissait à la septième place de ce Grand Chelem. Une compétition sans doute frustrante pour lui, mais aussi pleine de promesses et de perspectives de travail, notamment sur le plan tactique pour éviter à l’avenir ces pénalités inutiles.

Combat: Chammartin vs. Ibrayev (KAZ)

 

Deux victoires pour Grossklaus

Dernier représentant suisse de ce Grand Chelem de Tokyo 2015 particulièrement inhospitalier pour les non-Japonais, Cyril Grossklaus (-90 kg) n’a pas douté de lui-même. Avec son judo élégant et efficace il a tiré le maximum de son tirage au sort pour atteindre le troisième tour, où il est éliminé par l’un des représentants japonais du jour, le double vice-champion du monde Daiki Nishiyama. Au premier tour, le solide Australien Sebastian Temesi a jeté toutes ses forces dans le combat, poussant sa résistance jusque dans la dernière minute finissant par se rendre sur un juji-gatame. Le combat à ne pas perdre arrivait ensuite contre le Brésilien Eduardo Bettoni, 43e au classement mondial. Le combat est engagé de part et d’autre. C’est Cyril Grossklaus qui prend le dessus par les pénalités, mais le Brésilien ne veut rien lâcher et parvient à revenir à égalité. Il faut alors aborder le « golden score ». Eduardo Bettoni cherche clairement à obtenir une pénalité en enchaînant les attaques dans toutes les directions et en tentant de pousser son adversaire hors de la surface de combat. Mais avec sa posture ferme et sa belle attitude, l’actuel 23e sur la liste des qualifiés olympiques déjoue le piège et l’arbitre ne suit pas le jeu du Brésilien. À l’entrée de la première minute de temps supplémentaire, le combattant suisse lance un seoi-nage debout qui fixe le Brésilien dans son dos et finit par le dérouler au sol. Un superbe opposition dominée par Cyril Grossklaus. Face au champion japonais Daiki Nishiyama, actuel n°12 mondial, au troisième tour, le combattant du JJJC Brugg faisait presque jeu égal pendant la première partie de combat, avant de montrer de plus en plus d’impuissance et de subir pénalités et attaques puissantes en ashi-guruma du gaucher japonais. Il prenait deux yuko sur de très fortes attaques sur lesquelles il se sauvait du ippon acrobatiquement. Son parcours s’arrêtait là pour cet exceptionnel Grand Chelem du Japon 2015.

Harisson, bien seule

Exceptionnel, le mot est même un peu faible. C’est sans doute un record historique que le Japon vient de battre ce week-end en emportant onze médailles d’or sur les seize finales qu’ils obtiennent sur ces trois jours, pour un bilan définitif qui se fixe à vingt-trois médailles en tout. Un message net et clair lancé à la face du monde sur le niveau du judo japonais, aussi bien chez les filles (cinq titres) que chez les garçons (six titres sur sept !), et en la présence de quelques ténors étrangers comme les meilleurs Géorgiens, quelques leaders russes, les Français Pietri (-81 kg) et Maret (-100 kg), ou encore l’équipe coréenne et ses champions du monde. Aujourd’hui, les masculins japonais ont encore emporté les trois titres avec Mashu Baker (-90 kg), victorieux du champion du monde coréen Gwak, Ryunosuke Haga, le champion du monde des -100 kg qui confirme que son titre ne doit rien au hasard et le poids lourd dont tout le monde s’interroge sur son véritable potentiel (notamment contre Teddy Riner), Hisayoshi Harasawa, vainqueur en finale du numéro un nippon de ces deux dernières années, le puissant Schichinohe. Seul l’Américaine Harisson en -78 kg parvient aujourd’hui à faire entendre un autre hymne que le Kimi Ga Yo dans l’enceinte qui accueillera le Judo en 2020 pour les Jeux olympiques.


 

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